Avant la bataille
La bataille de Sidi Bou Othmane fut précédée par celle de Ben Guérir.
Le 15 aout le colonel Mangin rejoint Souk el Arba des Rehamna avec 6 compagnies de tirailleurs sénégalais, 2 d'infanterie coloniale, 2 de tirailleurs algériens, 2 escadrons de cavalerie, une batterie d'artillerie de montagne et un goum. De son côté le lieutenant colonel Joseph arrive le 19 de la Chaouia à Mechra Ben Abbou avec un bataillon de zouaves, deux compagnies de tirailleurs algériens, un escadron de spahis et une batterie montée.
Ces deux colonnes furent harcelées par des cavaliers du parti de El-Hiba pendant toute la semaine.
Mais chaque fois les plans du Khalifat d'El-Hiba furent déjoués et même le 22, ce sont les Sénégalais qui attaquent leurs positions à la baïonnette en faisant des morts, ce qui l'obligea à battre en retraite et à regrouper ses forces. Le 25, le camp de Mechra ben Abbou est attaqué à l'aube de trois côtés à la fois. Le colonel Mangin attend qu'ils soient très proches pour donner l'ordre de tirer. Déjà ce jour là, de nombreux Hibbistes tombent et le khalifat de El-Hiba se retire à Ben Guérir avec sa Mehallah.
Le 29 aout, même scénario, le colonel Mangin quitte Souk-el-Arba avec 5 bataillons, 5 escadrons et trois batteries. Ils atteignent la harka du Khalifat d'El-Hiba retranchée sur les hauteurs de Sidi Bahilil. Regroupés dans un espace trop étroit pour leur nombre, les Hibbistes subissent l'artillerie, ont de nombreux morts et décampent sans attendre que l'infanterie de Mangin ait le temps de les attaquer à la baïonnette. Le colonel Mangin s'arrête à Ben Guérir avec seulement onze blessés. La cavalerie poursuit les Hibbistes qui se replient jusqu'à Sidi Bou Othmane. N'ayant pas d'ordre du Maréchal Lyautey pour aller plus loin Mangin fait demi-tour avec ses hommes et rentre au camp de Souk-el-Arba. Ces différents combats avant le choc de Sidi bou Othmane montrent que le Cheikh Merebbi Rebboh et le Colonel Charles Mangin connaissaient ce que l'autre était capable de faire.
Le général Lyautey avait envoyé un officier de son Etat major le commandant Verlet Hanus pour transmettre ses directives au Vice-consul Maigret. Les français tentèrent d'obtenir une audience de Mohamed El Hiba. Mais celui-ci se pensant très fort, plutôt que de parlementer les mit en prison comme otages dans une Koubba et avait donné des instructions pour les exécuter si Lyautey ne se pliait pas à ses exigences. Lyautey donna l'ordre au colonel Mangin à la tête de plusieurs régiments d'affronter les troupes d'El Hiba et de délivrer le Consul Maigret ainsi que les français civils et militaires faits prisonniers. Ce fut la bataille de Si Bou Othman le 6 septembre 1912 qui permit la délivrance de Marrakech le 7 septembre par une colonne légère de 600 cavaliers sous les ordres du Commandant Simon, la fuite d'El Hiba vers le Souss et le rétablissement de la souveraineté du Sultan Alaouite sur Marrakech. En plus des 600 chevaux le Commandant Simon et son adjoint le Capitaine Cornet disposaient d'une section d'artillerie légère de 75 et d'un peloton monté de spahis sénégalais. Le 9 septembre, Mangin fit son entrée dans Marrakech avec El Hadj Tami El-Glaoui et le Commandant Simon.
Le Général Lyautey réagit
Lyautey mis au courant de la lassitude des marrakchis à supporter les pillages et exactions des hommes bleus depuis le 15 aout, voulant aussi libérer les neuf ressortissants français et apprenant que les marrakchis étaient prêts à chasser Ahmed El-Hiba si les troupes du Colonel Mangin s'approchaient de Marrakech, donna l'ordre à Mangin d'intervenir: "Allez y carrément !".
Le 5 septembre à 3 heures du matin le colonel Mangin partait de Souk-el-Arba à la tête de 6 bataillons (1 colonial, 2 sénégalais, 2 tirailleurs algériens, 1 de zouaves), de 3 escadrons (2 de spahis, 1 de chasseurs d'Afrique), 3 batteries d'artillerie, 5 sections de mitrailleuses, 2 goums marocains et 200 combattants marocains de la Chaouia et des Rehamnas. ( Cliché du photographe Bossuge montrant l'artillerie avec les petits canons sur roues.) Soit un total d'un peu moins de 5000 combattants. Il emmenait un convoi de 2000 dromadaires, portant 15 jours de vivres, 500 000 cartouches et 4500 coups de canon de réserve. Mangin fait camper ses troupes pour la nuit et apprend le soir même que le camp de M'Rebbi Rebbo est situé devant les deux marabouts de Sidi Bou Othmane et qu'il dipose de quatre canons Krupp livrés à El-Hiba par l'Allemagne. Le 6 septembre à 3 heures du matin la Colonne du Colonel Mangin reprend sa marche. À la pointe du jour, l'avant garde signale l'ennemi venant à sa rencontre.
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